Comment choisir un conseil en fusions et acquisitions quand on dirige une PME

La question « comment choisir un cabinet M&A » arrive souvent trop tard. Le vrai sujet n’est pas le choix du cabinet. C’est le moment où cette question se pose.

Introduction

La plupart des dirigeants de PME contactent un cabinet de conseil en fusions-acquisitions quand ils veulent vendre. À ce stade, la valeur est déjà figée. Le cabinet ne peut que la révéler, pas la créer.

Cet article aide à poser les bonnes questions avant de contacter un cabinet. L’objectif : éviter de découvrir la réalité de la valeur de son entreprise au pire moment.

Pourquoi le choix du conseil M&A est une décision structurante

Un cabinet M&A n’est pas un prestataire interchangeable. C’est un partenaire qui va représenter l’entreprise face au marché pendant plusieurs mois, parfois plus d’un an.

Le cabinet devient l’interface entre le dirigeant et les acquéreurs potentiels. Il construit le dossier de présentation. Il positionne l’entreprise. Il mène les négociations. Sa lecture de l’entreprise devient, de facto, celle que le marché retiendra.

Un mauvais alignement entre le dirigeant et son conseil ne se corrige pas en cours de route. Changer de cabinet au milieu d’un processus de cession envoie un signal négatif aux acquéreurs potentiels. Le coût d’un mauvais choix ne se mesure pas seulement en honoraires perdus : il se mesure en décote sur la transaction finale.

Le cabinet M&A ne vend pas l’entreprise. Il vend la lecture qu’il en fait.

Le rôle réel d’un conseil en fusions-acquisitions

Un cabinet M&A intervient sur quatre missions principales.

Premièrement, l’identification et l’approche des acquéreurs potentiels. Le cabinet dispose d’un réseau et d’une méthodologie pour identifier les acheteurs stratégiques ou financiers susceptibles d’être intéressés par l’entreprise. Il les contacte, qualifie leur intérêt, organise les premiers échanges.

Deuxièmement, la structuration du dossier de présentation. Le mémorandum d’information, la data room, les projections financières : le cabinet construit l’ensemble des documents qui serviront de base à la négociation. La qualité de ce dossier influence directement la perception de l’entreprise par les acquéreurs.

Troisièmement, la coordination des parties prenantes. Une cession implique l’avocat, l’expert-comptable, le banquier, parfois d’autres conseils spécialisés. Le cabinet M&A joue un rôle de chef d’orchestre pour que l’ensemble avance de manière cohérente.

Quatrièmement, la négociation et la sécurisation de la transaction. Le cabinet défend les intérêts du cédant dans les négociations, anticipe les points de blocage, aide à structurer les garanties et les conditions suspensives.

Ce qu’un cabinet M&A ne fait pas

Un cabinet M&A ne crée pas de valeur. Il révèle celle qui existe. Si l’entreprise est trop dépendante de son dirigeant, si un client pèse 40 % du chiffre d’affaires, si les processus ne sont pas documentés, le cabinet ne peut pas inventer une réalité différente.

Un cabinet M&A ne corrige pas les facteurs de décote structurels. Il peut les présenter sous leur meilleur angle, mais il ne peut pas les faire disparaître. Ces facteurs existent. Les acquéreurs les verront. Ils les intégreront dans leur offre.

Un cabinet M&A ne garantit pas un prix de vente. Il peut estimer une fourchette de valorisation, mais le marché reste souverain. Le prix final dépend de ce que les acquéreurs sont prêts à payer, pas de ce que le cabinet annonce.

Un cabinet M&A intervient en aval. La valeur se construit en amont.

Les erreurs fréquentes des dirigeants au moment du choix

Les dirigeants font souvent le mauvais choix, non par incompétence, mais par mauvaise compréhension du rôle du cabinet.

Confondre valorisation promise et valeur réalisable

Le cabinet annonce une fourchette de valorisation lors du premier rendez-vous. Le dirigeant retient le haut de la fourchette. Il en fait son prix plancher psychologique. Six mois plus tard, les offres arrivent. Elles sont dans le bas de la fourchette, parfois en dessous.

Ce n’est pas le cabinet qui a menti. C’est le dirigeant qui a confondu une estimation commerciale avec une promesse ferme. La valorisation annoncée par un cabinet en phase de prospection est un outil de séduction, pas un engagement contractuel.

Choisir sur la réputation plutôt que sur l’alignement

Un cabinet reconnu sur des opérations de 50 ou 100 millions d’euros n’est pas forcément adapté à une PME de 5 millions de chiffre d’affaires. La taille du cabinet doit correspondre à la taille de l’opération.

Un cabinet trop gros traitera le dossier comme secondaire. Un cabinet trop petit manquera peut-être de réseau ou d’expérience sur le secteur. L’enjeu n’est pas de choisir le plus prestigieux, mais de choisir celui dont l’entreprise sera un dossier prioritaire.

Attendre le dernier moment

Contacter un cabinet quand on veut vendre « dans les six mois » laisse peu de marge de manœuvre. Le cabinet travaille avec ce qu’il reçoit. Il n’a pas le temps de corriger ce qui décote.

Le processus de cession prend du temps : préparation du dossier, approche des acquéreurs, due diligence, négociation, closing. Six mois est un délai court. Si l’entreprise n’est pas prête, le processus sera précipité, et le prix en souffrira.

Ne pas préparer l’entreprise avant le mandat

Un cabinet M&A travaille avec ce qu’il reçoit. Si l’entreprise est dépendante du dirigeant, concentrée sur un client, sans processus documentés, le cabinet ne peut pas inventer une valeur qui n’existe pas.

Les acquéreurs font leur propre analyse. Ils voient les mêmes chiffres que le cabinet. Ils identifient les mêmes risques. Ils appliquent les mêmes décotes. La préparation de l’entreprise est le travail du dirigeant, pas celui du cabinet M&A.

Le cabinet M&A n’échoue pas à vendre. Il révèle ce que le dirigeant n’a pas préparé.

La question à se poser avant de contacter un cabinet

Avant de chercher le bon cabinet, le dirigeant doit se poser une question préalable : « Ma PME est-elle prête à être regardée par le marché ? »

Si la réponse est « non » ou « je ne sais pas », contacter un cabinet M&A est prématuré.

Les facteurs de décote invisibles ne disparaissent pas parce qu’on mandate un cabinet. La dépendance au dirigeant, la concentration client, l’absence de récurrence du chiffre d’affaires, les processus non documentés : ces éléments existent. Ils pèseront sur le prix final.

Le bon moment pour contacter un cabinet M&A, c’est quand la valeur a été construite et documentée. Pas quand on espère qu’elle existe.

Connaître la valeur réelle de son entreprise 3 à 5 ans avant une éventuelle cession, c’est 3 à 5 ans pour corriger ce qui décote. C’est aussi 3 à 5 ans pour choisir librement : vendre, transmettre ou continuer.

Connaître sa valeur avant de la révéler

Le Furtive Equity Score révèle la valeur réalisable d’une PME en 100 jours, avant toute confrontation au marché. Ce diagnostic identifie les facteurs invisibles de décote et de prime, et donne au dirigeant un plan d’action priorisé.

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Conclusion

Choisir un cabinet M&A n’est pas une décision technique. C’est une décision stratégique qui engage la représentation de l’entreprise face au marché.

Le bon cabinet au bon moment peut accélérer une cession réussie. Le bon cabinet au mauvais moment devient un révélateur de faiblesses non corrigées.

Le cabinet M&A ne crée pas de valeur. Il ne corrige pas les facteurs de décote. Il ne garantit pas un prix. Il est là pour révéler ce qui existe, le présenter au marché, et défendre les intérêts du cédant dans la négociation.

Un cabinet M&A ne crée pas de valeur. Il est là pour révéler celle qui existe déjà.

La vraie question n’est donc pas « quel cabinet choisir ? ». La vraie question est : « Ma PME est-elle prête à être regardée par le marché ? »

Si vous ne pouvez pas répondre à cette question avec certitude, c’est peut-être là qu’il faut commencer.