Les 5 piliers d’une entreprise qui a mis en place un Système
Une entreprise qui fonctionne sans son patron ne se construit pas par hasard. Elle repose sur cinq piliers. Chacun est nécessaire. Aucun n’est suffisant seul.
Voici ce qui distingue une PME dépendante d’une PME autonome.
Pilier 1 : Une structure de décision claire
Le premier pilier, c’est de savoir qui décide quoi.
Dans une PME classique, le dirigeant décide tout. Les achats au-dessus de 500 euros. Les recrutements. Les devis importants. Les litiges clients. Les priorités de production. Tout remonte.
Dans une entreprise Système, les périmètres de décision sont définis. Le directeur commercial peut engager jusqu’à tel montant. Le responsable de production peut arbitrer tel type de problème. Le DAF peut valider telle dépense.
Ce n’est pas un organigramme. C’est une matrice de délégation. Qui décide quoi, dans quelles limites, avec quelle latitude.
Sans cette clarté, l’équipe attend. Elle demande. Elle consulte. Elle ne décide pas.
Test : combien de décisions attendent votre validation en ce moment ? Si la liste dépasse 10 sujets, votre structure de décision n’existe pas.
Pilier 2 : Une documentation du savoir
Le deuxième pilier, c’est d’écrire ce que vous savez.
Pas seulement les procédures. Les procédures décrivent comment faire. Ce qui manque souvent, c’est le pourquoi : les critères de décision, les arbitrages passés, la logique sous-jacente.
Pourquoi refuse-t-on tel type de client ? Pourquoi ce fournisseur plutôt qu’un autre ? Pourquoi cette marge sur ce produit ? Pourquoi cette organisation de tournées ?
Ces réponses sont dans votre tête. Elles doivent être quelque part d’autre.
Un nouveau venu devrait pouvoir comprendre comment fonctionne l’entreprise sans vous interroger pendant des mois. Un acquéreur devrait pouvoir prendre le manuel et reconstituer la logique.
Test : si vous partiez demain, combien de temps faudrait-il pour reconstituer ce que vous savez ? Si la réponse est « des années », votre savoir n’est pas documenté.
Pilier 3 : Des relations clients transférées
Le troisième pilier, c’est que les clients appartiennent à l’entreprise, pas à vous.
Vos clients clés ont-ils votre numéro de portable ? Vous appellent-ils directement quand il y a un problème ? Refusent-ils de parler à quelqu’un d’autre ?
Si oui, ces clients ne sont pas des clients de l’entreprise. Ce sont vos clients personnels. Quand vous partirez, ils partiront peut-être avec vous. Dans leur tête, sinon physiquement.
Une entreprise Système a transféré les relations. Chaque client a plusieurs interlocuteurs. Les réunions se font à deux. Les commerciaux ont leur propre réseau. La marque existe indépendamment du fondateur.
Ce transfert prend du temps. Des années parfois. Mais chaque relation transférée, c’est de la valeur créée.
Test : vos 10 plus gros clients accepteraient-ils d’être gérés par quelqu’un d’autre que vous ? Si la réponse est « non » ou « je ne sais pas », vos relations ne sont pas transférées.
Pilier 4 : Une équipe autonome avec un N°2 réel
Le quatrième pilier, c’est d’avoir des gens qui peuvent vous remplacer.
Pas des exécutants. Des dirigeants. Des gens capables de prendre des décisions, de porter des responsabilités, de représenter l’entreprise.
Le test du N°2 est simple : avez-vous quelqu’un capable de vous remplacer sur les décisions importantes ? Pas quelqu’un qui exécute vos consignes. Quelqu’un qui arbitre. Qui a l’autorité. Qui a la légitimité.
Si ce N°2 n’existe pas, votre équipe n’est pas autonome. Elle sait faire, mais elle ne sait pas décider. Elle a désappris. Ou elle n’a jamais appris.
Recruter un bras droit ne suffit pas. Il faut lui donner le périmètre, l’autorité, et le droit à l’erreur. Il faut accepter qu’il décide différemment de vous.
Test : si vous étiez absent trois mois, qui prendrait les décisions ? Si personne ne vous vient à l’esprit, vous n’avez pas de N°2.
Pilier 5 : Un SI qui structure l’information
Le cinquième pilier, c’est que l’information vit dans les outils, pas dans les têtes.
Un SI moderne ne sert pas à automatiser. Il sert à rendre visible. À tracer. À documenter. À alerter.
Qui a dit quoi à quel client ? Où en est ce devis ? Quelle est la marge réelle sur ce chantier ? Qui a validé cette commande ?
Dans une PME classique, ces réponses sont dans la tête du patron. Dans une entreprise Système, elles sont dans le CRM, l’ERP, les tableaux de bord.
Le SI ne remplace pas le jugement humain. Il le rend possible. On pilote sur des faits, pas sur l’intuition d’une seule personne.
Test : pourriez-vous reconstituer l’activité des 6 derniers mois sans interroger personne ? Si la réponse est non, votre SI ne structure pas l’information.
Les 5 piliers forment un tout
Ces cinq piliers ne fonctionnent pas séparément.
Une structure de décision sans documentation, c’est du flou. Une documentation sans équipe autonome, c’est du papier. Un SI sans relations transférées, c’est de la technologie inutile.
L’entreprise Système est celle qui a construit les cinq piliers ensemble. Pas parfaitement. Mais suffisamment pour que la machine tourne sans le fondateur.
C’est un travail de plusieurs années. C’est aussi ce qui fait la différence entre une PME qui vaut 3 fois l’EBITDA et une PME qui vaut 7 fois.
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